Un forum vient d'être créé pour essayer de regrouper l'ensemble des infos sur Haiti et les adoptions en cours .Les inscriptions y sont libres pour l'instant, vu l'urgence. N'oubliez donc jamais que la confidentialité est limitée sur ce forum, pour l'instant.Des bases de données ont ete crées pour recenser tout ce qu'on pouvait recenser, info et actions. N'hesitez pas à aller les remplir, quand vous etes bien sur CERTAINS de l'info.
Vous pouvez diffuser l'info partout, evidement:
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samedi 16 janvier 2010
Situation en Haïti !!
Extrait du message de Danièle Housset présidente dhonneur de la fédération EFA :
« Aux parents qui espèrent des nouvelles de leur enfant et qui se sentent impuissants, coincés en Europe, le seul espoir passe par les recherches et laide sur place qui s'est mise en place et à qui ils doivent faire confiance. Malgré leur souffrance infinie, ils comprendront sans doute aussi que les communications, difficiles, doivent en priorité être laissées à ceux qui sur le terrain sauvent enfants, hommes et femmes, les uns après les autres et tenteront de les réinstaller avant même de les recenser personnellement.
Je pense aux enfants originaires de ce pays qui ne manquent pas d'avoir vu les images terribles qui nous parviennent et entendu les commentaires qui les accompagnent.
Je crois que les enfants, peut-être pas tous, vont penser qu'ils auraient pu (du) être là-bas, y périr dans la catastrophe et se sentiront coupables d'être en vie, comme c'est souvent le cas lorsqu'il y a un grand nombre de décès. Dans leur cas, de plus, certains seront fous d'inquiétude pour leurs familles dont ils se souviennent, la majorité s'inquiètera pour le moins de ses petits copains de la crèche, des nounous...
Il ne faudrait pas que certains parents croient les consoler en leur disant qu'ils ont de la chance d'avoir quitté leur pays avant le séisme, (donc la chance d'avoir été adopté) et d'avoir échappé à ce malheur. Il ne faudrait sans doute pas non plus qu'ils croient les guérir par des dons qu'ils enverraient aux associations humanitaires qui vont déployer leurs aides. Il va leur falloir beaucoup de patience et de persévérance dans un dialogue que peut-être ils ne pourront pas engager seuls.
Le seul réconfort actuel est sans doute de faire en sorte que ces enfants-là aussi aient des nouvelles des endroits où ils ont vécu, dès que cela sera possible.
Je sais que les parents de ces enfants doivent eux-mêmes être désorientés et catastrophés en pensant aux personnes qu'ils ont rencontrées, avec lesquels des liens particuliers sans doute se sont noués, mais ce sont leurs enfants qui me semblent les plus fragiles./ . /
Il me semble que c'est du même ordre d'importance que de rassurer les familles qui connaissant déjà l'enfant qu'elles attendent. »
Les enfants adoptés en Haïti doivent être entourés: les images qu'ils ont pu voir, ce qu'ils auront entendu, tout cela peut les renvoyer à leur lieu de naissance, à la famille qu'ils ont encore, pour certains, là-bas, créer des angoisses, des sentiments de culpabilité. Les familles (parents et enfants) trouveront de l'entraide et du soutien au sein des associations départementales.
Vous trouverez ci-dessous article de la Charente Libre daujourdhui. Anne Kerjean, la journaliste qui témoigne dans cet article était ce matin sur France-Info pour dire entre autres combien il lui est douloureux de parler de cette catastrophe avec ses enfants adoptés en Haïti.
HAÏTI: SECOUSSES EN CHARENTE
15.01.2010
Ismaël KARROUM I i.karroum@charentelibre.fr
Un silence aussi assourdissant que le fracas des immeubles. Pas de nouvelles et linquiétude, les questions qui résonnent. Sont-ils vivants? Sont-ils blessés? Les secousses du terrifiant séisme qui a plongé Haïti dans le chaos, mardi soir, ont des répliques jusquen Charente. Et pas seulement pour la vague de solidarité et de compassion qui est en train de naître.
Haïti est en effet le principal pays dorigine des enfants adoptés par des Français (1). En Charente, plusieurs familles ont adopté de petits Haïtiens, conservant des liens indéfectibles avec ce pays, lun des plus pauvres du monde. Dans ces conditions, limpact frappe en plein cur. Si intensément que Françoise Chaigne, une Barbezilienne dorigine aujourdhui médecin installée près de Libourne, prendra lavion dès demain pour se rendre auprès des sinistrés. Aider, soigner, réconforter... Mais aussi tenter, coûte que coûte, davoir des nouvelles dArthur, lenfant quelle est en train dadopter. Son enfant. «Je nai aucune nouvelle de lui», dit-elle, la voix étreinte par lémotion.
«Pour Arthur, je ne sais rien»
De lorphelinat Notre-Dame-de-la-Nativité où vit Arthur, elle ne sait que peu de choses. «Il est complètement détruit apparemment. Je sais que certains enfants sont vivants. Jai appris que dautres sont décédés. Mais pour Arthur, je ne sais rien.» Demain, Françoise Chaigne prendra place dans lavion dune ONG spécialisée en interventions dans le cadre de catastrophes naturelles. «On aura du matériel, des médicaments, dit la jeune femme. Sur place, jessaierai de voir Arthur», espère-t-elle, croisant les doigts pour que son mari, de son côté, réussisse à obtenir un visa humanitaire pour le petit homme.
Ses enfants, Anne Kerjean, notre consur du service des sports de Charente Libre, les a près delle à Roullet. Mais depuis mercredi matin, elle na pas encore eu la force de dire à Charlotte et François ce qui se passait. Meurtrie, elle tente davoir des nouvelles de lorphelinat où ses enfants vivaient il y a encore quatorze mois. Et de Lydia, une adolescente de 15 ans quelle parraine «pour quelle puisse aller à lécole». «Jai passé quinze jours là-bas à lorphelinat quand je suis allée chercher les enfants. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. A aider, moccuper des autres enfants qui y sont encore, les consoler, voler des Vache qui rit pour leur donner à manger quand ils avaient faim. ça crée des liens. Quand on a vécu ça, on est un peu haïtien soi-même.» Ses enfants y ont encore de la famille, oncles, tantes, cousins, cousines. Le téléphone reste désespérément muet. «En revanche, je sais que Jacmel, une ville pas très loin, est rayée de la carte.» Pas de quoi faire naître une lueur despoir.
«Cest un pays maudit»
Sur internet, les réseaux sorganisent. Parents pour qui ladoption est en cours ou bien déjà finalisée, tous mutualisent leurs efforts pour obtenir ne serait-ce quune bribe dinformation sur les enfants qui vivent à lorphelinat. Et répondre à la première de toutes les questions: mort ou vivant? Une question désespérément quotidienne dans ce pays. «Quand jattendais mes enfants, je tremblais à chaque cyclone, chaque coulée de boue, chaque fois que le téléphone ne passait pas pendant deux jours», se remémore Anne Kerjean. «Cest un pays maudit», souffle-t-elle. Un pays où lespérance de vie est dune cinquantaine dannées, où lon ne meurt jamais de vieillesse, toujours de maladie, de faim ou violemment. «Où les parents aiment vraiment leurs enfants et les confient à ladoption pour quils aient une chance daller à lécole, de manger chaque jour».
Un pays où, il y a deux ans, un cyclone a fait 900 morts, «alors quil ny en a eu quun à Cuba, juste en face». Comme si le séisme de mardi avait transformé le mouroir dHaïti en cimetière.
(1) En 2009, 651 enfants haïtiens ont été adoptés par des familles françaises. Haïti devance lEthiopie (445), le Vietnam (308) et la Russie (288).
« Aux parents qui espèrent des nouvelles de leur enfant et qui se sentent impuissants, coincés en Europe, le seul espoir passe par les recherches et laide sur place qui s'est mise en place et à qui ils doivent faire confiance. Malgré leur souffrance infinie, ils comprendront sans doute aussi que les communications, difficiles, doivent en priorité être laissées à ceux qui sur le terrain sauvent enfants, hommes et femmes, les uns après les autres et tenteront de les réinstaller avant même de les recenser personnellement.
Je pense aux enfants originaires de ce pays qui ne manquent pas d'avoir vu les images terribles qui nous parviennent et entendu les commentaires qui les accompagnent.
Je crois que les enfants, peut-être pas tous, vont penser qu'ils auraient pu (du) être là-bas, y périr dans la catastrophe et se sentiront coupables d'être en vie, comme c'est souvent le cas lorsqu'il y a un grand nombre de décès. Dans leur cas, de plus, certains seront fous d'inquiétude pour leurs familles dont ils se souviennent, la majorité s'inquiètera pour le moins de ses petits copains de la crèche, des nounous...
Il ne faudrait pas que certains parents croient les consoler en leur disant qu'ils ont de la chance d'avoir quitté leur pays avant le séisme, (donc la chance d'avoir été adopté) et d'avoir échappé à ce malheur. Il ne faudrait sans doute pas non plus qu'ils croient les guérir par des dons qu'ils enverraient aux associations humanitaires qui vont déployer leurs aides. Il va leur falloir beaucoup de patience et de persévérance dans un dialogue que peut-être ils ne pourront pas engager seuls.
Le seul réconfort actuel est sans doute de faire en sorte que ces enfants-là aussi aient des nouvelles des endroits où ils ont vécu, dès que cela sera possible.
Je sais que les parents de ces enfants doivent eux-mêmes être désorientés et catastrophés en pensant aux personnes qu'ils ont rencontrées, avec lesquels des liens particuliers sans doute se sont noués, mais ce sont leurs enfants qui me semblent les plus fragiles./ . /
Il me semble que c'est du même ordre d'importance que de rassurer les familles qui connaissant déjà l'enfant qu'elles attendent. »
Les enfants adoptés en Haïti doivent être entourés: les images qu'ils ont pu voir, ce qu'ils auront entendu, tout cela peut les renvoyer à leur lieu de naissance, à la famille qu'ils ont encore, pour certains, là-bas, créer des angoisses, des sentiments de culpabilité. Les familles (parents et enfants) trouveront de l'entraide et du soutien au sein des associations départementales.
Vous trouverez ci-dessous article de la Charente Libre daujourdhui. Anne Kerjean, la journaliste qui témoigne dans cet article était ce matin sur France-Info pour dire entre autres combien il lui est douloureux de parler de cette catastrophe avec ses enfants adoptés en Haïti.
HAÏTI: SECOUSSES EN CHARENTE
15.01.2010
Ismaël KARROUM I i.karroum@charentelibre.fr
Un silence aussi assourdissant que le fracas des immeubles. Pas de nouvelles et linquiétude, les questions qui résonnent. Sont-ils vivants? Sont-ils blessés? Les secousses du terrifiant séisme qui a plongé Haïti dans le chaos, mardi soir, ont des répliques jusquen Charente. Et pas seulement pour la vague de solidarité et de compassion qui est en train de naître.
Haïti est en effet le principal pays dorigine des enfants adoptés par des Français (1). En Charente, plusieurs familles ont adopté de petits Haïtiens, conservant des liens indéfectibles avec ce pays, lun des plus pauvres du monde. Dans ces conditions, limpact frappe en plein cur. Si intensément que Françoise Chaigne, une Barbezilienne dorigine aujourdhui médecin installée près de Libourne, prendra lavion dès demain pour se rendre auprès des sinistrés. Aider, soigner, réconforter... Mais aussi tenter, coûte que coûte, davoir des nouvelles dArthur, lenfant quelle est en train dadopter. Son enfant. «Je nai aucune nouvelle de lui», dit-elle, la voix étreinte par lémotion.
«Pour Arthur, je ne sais rien»
De lorphelinat Notre-Dame-de-la-Nativité où vit Arthur, elle ne sait que peu de choses. «Il est complètement détruit apparemment. Je sais que certains enfants sont vivants. Jai appris que dautres sont décédés. Mais pour Arthur, je ne sais rien.» Demain, Françoise Chaigne prendra place dans lavion dune ONG spécialisée en interventions dans le cadre de catastrophes naturelles. «On aura du matériel, des médicaments, dit la jeune femme. Sur place, jessaierai de voir Arthur», espère-t-elle, croisant les doigts pour que son mari, de son côté, réussisse à obtenir un visa humanitaire pour le petit homme.
Ses enfants, Anne Kerjean, notre consur du service des sports de Charente Libre, les a près delle à Roullet. Mais depuis mercredi matin, elle na pas encore eu la force de dire à Charlotte et François ce qui se passait. Meurtrie, elle tente davoir des nouvelles de lorphelinat où ses enfants vivaient il y a encore quatorze mois. Et de Lydia, une adolescente de 15 ans quelle parraine «pour quelle puisse aller à lécole». «Jai passé quinze jours là-bas à lorphelinat quand je suis allée chercher les enfants. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. A aider, moccuper des autres enfants qui y sont encore, les consoler, voler des Vache qui rit pour leur donner à manger quand ils avaient faim. ça crée des liens. Quand on a vécu ça, on est un peu haïtien soi-même.» Ses enfants y ont encore de la famille, oncles, tantes, cousins, cousines. Le téléphone reste désespérément muet. «En revanche, je sais que Jacmel, une ville pas très loin, est rayée de la carte.» Pas de quoi faire naître une lueur despoir.
«Cest un pays maudit»
Sur internet, les réseaux sorganisent. Parents pour qui ladoption est en cours ou bien déjà finalisée, tous mutualisent leurs efforts pour obtenir ne serait-ce quune bribe dinformation sur les enfants qui vivent à lorphelinat. Et répondre à la première de toutes les questions: mort ou vivant? Une question désespérément quotidienne dans ce pays. «Quand jattendais mes enfants, je tremblais à chaque cyclone, chaque coulée de boue, chaque fois que le téléphone ne passait pas pendant deux jours», se remémore Anne Kerjean. «Cest un pays maudit», souffle-t-elle. Un pays où lespérance de vie est dune cinquantaine dannées, où lon ne meurt jamais de vieillesse, toujours de maladie, de faim ou violemment. «Où les parents aiment vraiment leurs enfants et les confient à ladoption pour quils aient une chance daller à lécole, de manger chaque jour».
Un pays où, il y a deux ans, un cyclone a fait 900 morts, «alors quil ny en a eu quun à Cuba, juste en face». Comme si le séisme de mardi avait transformé le mouroir dHaïti en cimetière.
(1) En 2009, 651 enfants haïtiens ont été adoptés par des familles françaises. Haïti devance lEthiopie (445), le Vietnam (308) et la Russie (288).
dimanche 10 janvier 2010
article du Monde sur l'adoption
Trouver les mots pour répondre aux enfants adoptés LE MONDE 09.01.10 14h08 •
Mis à jour le 09.01.10
Expliquer l'adoption n'est pas toujours chose facile pour les parents adoptifs.
Et, pour l'heure, l'accompagnement fait trop souvent défaut. Son renforcement est à l'étude dans le cadre de la réforme de l'adoption, en préparation au secrétariat d'Etat à la famille. C'était l'une des préconisations du rapport sur l'adoption réalisé par Jean-Marie Colombani (ancien directeur du Monde), remis en 2008 au président de la République. Cet accompagnement pourrait être développé dans le cadre des consultations d'orientation et de conseils enadoption (COCA).
Très vite, les enfants cherchent à savoir d'où ils viennent. Questionner ses origines, c'est établir les assises de son monde intérieur, structurer son sentiment d'appartenance et se forger un sentiment de sécurité. Il y a quelques décennies, il était possible decacher à un enfant qu'il était adopté.
La révélation qui s'ensuivait était souvent violente et traumatisante.
"Tous les psychologues s'accordent à dire qu'il faut que l'enfant ait le sentiment de l'avoir toujours su", assure Cécile Delannoy, mère adoptive et aujourd'hui grand-mère. En France, 80 % des enfants sont adoptés à l'étranger, et 60 % d'entre eux ont plus de 2 ans, ce qui arendu cette culture du secret obsolète. L'adoption est intégrée dans le discours des parents, et c'est bien souvent une évidence pour les enfants. On dit au bébé : "Comme je suis content(e) de t'avoir ramené à la maison", "Quand on est venus te chercher...", "Quand tu es arrivé..."
Mais les choses se compliquent lorsque vient le temps des questionnements, entre 3 ans et 6 ans, quand l'enfant adopté se confronte au regard des autres. "C'est une fausse équation de considérer que maternité égale grossesse, et pourtant elle infiltre tous les esprits", explique la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval. Un enfant peut ainsi revenir bouleversé de l'école parce quel'un de ses camarades lui aura dit que sa mère n'est pas sa vraie maman."
On est dans une biologisation des liens qui fragilise les parents adoptifs, déplore la psychanalyste Sophie Marinopoulos. En ce sens, l'adoption vient nous interpeller sur ce qu'est véritablement la parentalité." Pour répondre avec justesse à son enfant, les parents adoptifs ne doivent pas douter de leur position. "Il faut que les parents puissent respecter la dame qui a donné naissance à leur enfant, et la remercier pour leur avoir fait ce don, considère Mme Delaisi de Parseval. Ce remerciement symbolique est une façon de se libérer en partie de la dette qu'ils ont envers elle."
Plus les parents se sentiront légitimes, plus les réponses seront faciles. D'autant que la façon dont les petits formulent leurs interrogations peut les heurter, les blesser. "Les jeunes enfants ne mettent pas de points d'interrogation", poursuit Mme Marinopoulos. Ils procèdent par affirmations. "Tu n'es pas mon vrai papa" signifie ainsi: "qu'est-ce qui fait de toi mon vrai père ?" "Tu n'es pas ma vraie maman" équivaut à : "faut-il que je sois sorti de ton ventre pour que tu sois ma mère ?" "Ce que l'enfant a envie d'entendre, c'est qu'il est à la bonne place. Ce dialogue va permettre la construction du lien familial", analyse Mme Marinopoulos."
Les parents devront répondre aux interrogations de leur enfant qu'ils sont ses vrais et ses seuls parents, quand bien même celui-ci n'est pas issu de leurs corps", explique Mme Delaisi de Parseval. Mais cela ne signifie pas gommer les parents biologiques. "Il est nécessaire, pour se construire son identité narrative, que l'enfant ait, dans la mesure du possible, le maximum d'informations sur ses parents de naissance", poursuit la psychanalyste. Par ailleurs, il importe, pour sa construction psychique et sexuée, que l'enfant sache qu'il est issu d'un homme et d'une femme.
Pascale et son mari, comme beaucoup de parents adoptifs, ont composé un album de photos pour Anna, leur petite fille de 10 ans, adoptéedans un pays de l'Est. Ils y ont mis des images du voyage, àl'aéroport, de l'orphelinat, etc.
L'enfant s'y plonge régulièrement ,le montre à son entourage. La question la plus douloureuse que leur aposée leur fille est celle de savoir pourquoi ses parents biologiques l'avaient abandonnée. "Tes parents n'ont pas pu, n'ont pas su t'élever", lui répondent-ils. La question du pourquoi taraude tous les enfants adoptés. "Il est important d'en parler, explique Françoise Vallée, psychologue clinicienne à l'espace adoption du conseil général de Loire-Atlantique.
Il faut que l'enfant donne du sens à cela car, faute de réponses, il risque de penser qu'il n'était pas un bon bébé. Il faut lui donner les raisons dont on dispose dans le dossier, en se mettant à sa portée."
Face aux demandes des enfants d'aller dans leur pays d'origine, voire de rencontrer leur mère biologique, la prudence s'impose. "En demandant à aller dans le pays où il est né, l'enfant peut questionnerla solidité du lien avec sa famille adoptive. Est-ce que je suis au bon endroit ?", remarque Mme Marinopoulos. Si, malgré la réassurance de ses parents, l'enfant persiste, mieux vaut que cette décision soit accompagnée par des professionnels. "Il faut y réfléchir, en discuter, tester les motivations, explique Mme Vallée. Cela peut prendre six mois, voire un an." Car la déception risque d'être forte. "A l'adolescence, le retour dans le pays d'origine peut aggraver les choses. Il semble plus facile chez les enfants plus jeunes, vers 7-9ans", analyse Cécile Delannoy, qui soutient des familles dans le cadre d'une association. Dans tous les cas, il faut que l'enfant sache que, là-bas, il sera un étranger.
"Au risque de l'adoption",de Cécile Delannoy (La Découverte/Poche, 2008, 280 p) -
"Moïse, Œdipe et Superman ", de Sophie Marinopoulos, CatherineSellenet et Françoise Vallée (Fayard, 2003, 352 p)-
"Famille à tout prix ", de Geneviève Delaisi de Parseval (Seuil, 2008,389 p) -
Martine Laronche SOURCE : LE MONDE du 10 01 2010
Mis à jour le 09.01.10
Expliquer l'adoption n'est pas toujours chose facile pour les parents adoptifs.
Et, pour l'heure, l'accompagnement fait trop souvent défaut. Son renforcement est à l'étude dans le cadre de la réforme de l'adoption, en préparation au secrétariat d'Etat à la famille. C'était l'une des préconisations du rapport sur l'adoption réalisé par Jean-Marie Colombani (ancien directeur du Monde), remis en 2008 au président de la République. Cet accompagnement pourrait être développé dans le cadre des consultations d'orientation et de conseils enadoption (COCA).
Très vite, les enfants cherchent à savoir d'où ils viennent. Questionner ses origines, c'est établir les assises de son monde intérieur, structurer son sentiment d'appartenance et se forger un sentiment de sécurité. Il y a quelques décennies, il était possible decacher à un enfant qu'il était adopté.
La révélation qui s'ensuivait était souvent violente et traumatisante.
"Tous les psychologues s'accordent à dire qu'il faut que l'enfant ait le sentiment de l'avoir toujours su", assure Cécile Delannoy, mère adoptive et aujourd'hui grand-mère. En France, 80 % des enfants sont adoptés à l'étranger, et 60 % d'entre eux ont plus de 2 ans, ce qui arendu cette culture du secret obsolète. L'adoption est intégrée dans le discours des parents, et c'est bien souvent une évidence pour les enfants. On dit au bébé : "Comme je suis content(e) de t'avoir ramené à la maison", "Quand on est venus te chercher...", "Quand tu es arrivé..."
Mais les choses se compliquent lorsque vient le temps des questionnements, entre 3 ans et 6 ans, quand l'enfant adopté se confronte au regard des autres. "C'est une fausse équation de considérer que maternité égale grossesse, et pourtant elle infiltre tous les esprits", explique la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval. Un enfant peut ainsi revenir bouleversé de l'école parce quel'un de ses camarades lui aura dit que sa mère n'est pas sa vraie maman."
On est dans une biologisation des liens qui fragilise les parents adoptifs, déplore la psychanalyste Sophie Marinopoulos. En ce sens, l'adoption vient nous interpeller sur ce qu'est véritablement la parentalité." Pour répondre avec justesse à son enfant, les parents adoptifs ne doivent pas douter de leur position. "Il faut que les parents puissent respecter la dame qui a donné naissance à leur enfant, et la remercier pour leur avoir fait ce don, considère Mme Delaisi de Parseval. Ce remerciement symbolique est une façon de se libérer en partie de la dette qu'ils ont envers elle."
Plus les parents se sentiront légitimes, plus les réponses seront faciles. D'autant que la façon dont les petits formulent leurs interrogations peut les heurter, les blesser. "Les jeunes enfants ne mettent pas de points d'interrogation", poursuit Mme Marinopoulos. Ils procèdent par affirmations. "Tu n'es pas mon vrai papa" signifie ainsi: "qu'est-ce qui fait de toi mon vrai père ?" "Tu n'es pas ma vraie maman" équivaut à : "faut-il que je sois sorti de ton ventre pour que tu sois ma mère ?" "Ce que l'enfant a envie d'entendre, c'est qu'il est à la bonne place. Ce dialogue va permettre la construction du lien familial", analyse Mme Marinopoulos."
Les parents devront répondre aux interrogations de leur enfant qu'ils sont ses vrais et ses seuls parents, quand bien même celui-ci n'est pas issu de leurs corps", explique Mme Delaisi de Parseval. Mais cela ne signifie pas gommer les parents biologiques. "Il est nécessaire, pour se construire son identité narrative, que l'enfant ait, dans la mesure du possible, le maximum d'informations sur ses parents de naissance", poursuit la psychanalyste. Par ailleurs, il importe, pour sa construction psychique et sexuée, que l'enfant sache qu'il est issu d'un homme et d'une femme.
Pascale et son mari, comme beaucoup de parents adoptifs, ont composé un album de photos pour Anna, leur petite fille de 10 ans, adoptéedans un pays de l'Est. Ils y ont mis des images du voyage, àl'aéroport, de l'orphelinat, etc.
L'enfant s'y plonge régulièrement ,le montre à son entourage. La question la plus douloureuse que leur aposée leur fille est celle de savoir pourquoi ses parents biologiques l'avaient abandonnée. "Tes parents n'ont pas pu, n'ont pas su t'élever", lui répondent-ils. La question du pourquoi taraude tous les enfants adoptés. "Il est important d'en parler, explique Françoise Vallée, psychologue clinicienne à l'espace adoption du conseil général de Loire-Atlantique.
Il faut que l'enfant donne du sens à cela car, faute de réponses, il risque de penser qu'il n'était pas un bon bébé. Il faut lui donner les raisons dont on dispose dans le dossier, en se mettant à sa portée."
Face aux demandes des enfants d'aller dans leur pays d'origine, voire de rencontrer leur mère biologique, la prudence s'impose. "En demandant à aller dans le pays où il est né, l'enfant peut questionnerla solidité du lien avec sa famille adoptive. Est-ce que je suis au bon endroit ?", remarque Mme Marinopoulos. Si, malgré la réassurance de ses parents, l'enfant persiste, mieux vaut que cette décision soit accompagnée par des professionnels. "Il faut y réfléchir, en discuter, tester les motivations, explique Mme Vallée. Cela peut prendre six mois, voire un an." Car la déception risque d'être forte. "A l'adolescence, le retour dans le pays d'origine peut aggraver les choses. Il semble plus facile chez les enfants plus jeunes, vers 7-9ans", analyse Cécile Delannoy, qui soutient des familles dans le cadre d'une association. Dans tous les cas, il faut que l'enfant sache que, là-bas, il sera un étranger.
"Au risque de l'adoption",de Cécile Delannoy (La Découverte/Poche, 2008, 280 p) -
"Moïse, Œdipe et Superman ", de Sophie Marinopoulos, CatherineSellenet et Françoise Vallée (Fayard, 2003, 352 p)-
"Famille à tout prix ", de Geneviève Delaisi de Parseval (Seuil, 2008,389 p) -
Martine Laronche SOURCE : LE MONDE du 10 01 2010
dimanche 3 janvier 2010
Bonne et belle année 2010 ... à TOUS !
Merveilleux moments entre amis ... j'en profite pour faire un clin d'oeil particuliers à deux d'entre eux qui se reconnaitront, et qui m'épaulent énormément depuis le début de ma procédure sur le long chemin qui nous mène à notre petite fleur ! JE VOUS ADORE !!
Mais je ne vous ai pas oublié mes copinautes de la blogosphère ... vous êtes mon soutien ! Que tous mes voeux vous accompagnent ainsi que vos proches, et que cette nouvelle année 2010 soit porteuse de merveilleuses nouvelles, de joie .... et de beaucoup d'apparentements pour nous toutes et tous !!! Je vous embrasse très fort et vous souhaite LE MEILLEUR !!
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